Le Président de l'Assemblée législative de l'Ontario

La chambre

L'édifice de l'Assemblée législative de l'Ontario fut officiellement inauguré le 4 avril 1893. Conçu par un architecte de Buffalo, Richard Waite, il marque l'arrivée à Toronto du style roman à la Richardson, qui devint rapidement un style affectionné par les architectes locaux et leurs clients. Parmi les autres édifices dans ce style à proximité de Queen's Park, on compte le York Club (au coin des rues Bloor et St. George), l'ancien édifice de l'École des beaux-arts de l'Ontario (rue College, près de l'avenue University) et l'ancien hôtel de ville.

Wide angle image of the interior of the Legislative chamber featuring the vaulted ceilings and chandeliers. L'un des éléments originaux de l'architecture de Waite est que la chambre est placée à l'avant de l'édifice, au-dessus de l'entrée principale, de sorte qu'elle constitue l'élément dominant de la façade principale, qui fait face à l'avenue University, et qu'on y accède par l'intermédiaire d'un escalier d'honneur la reliant au hall.

La chambre est de forme rectangulaire, longue de vingt-quatre mètres et large de dix-neuf mètres environ, le plafond se trouvant à plus de quinze mètres de hauteur. Elle est partagée dans sa longueur par une allée centrale. Au bout de cette allée se trouve l'estrade du président, face à l'entrée de la chambre. Les pupitres des députés sont alignés en rangées de chaque côté de l'allée. Immédiatement devant l'entrée on peut voir une tige en laiton que l'on appelle la barre. Lorsque quelqu'un est reconnu coupable d'outrage à l'Assemblée, la personne est convoquée à la chambre et doit se présenter à la barre pour faire des excuses. (Cette vénérable pratique, dont les origines remontent à la tradition parlementaire britannique, n'a pas été invoquée à l'Assemblée législative depuis 1903). Il y a quatre tribunes tout autour de la chambre : celle du président au-dessus de l'entrée, face au président, celle de la presse au-dessus du président et celles du public à droite et à gauche sur la longueur de la chambre, comme il est d'usage dans les démocraties parlementaires basées sur le modèle de Westminster.

Wide angle image of the inside of the Legislative chamber featuring chandeliers, woodwork, the vaulted windows and the speaker’s dais. Les députés du gouvernement siègent à la droite du président, ceux de l'opposition à sa gauche. Le Premier ministre et ses ministres siègent aux premiers rangs, face aux chefs des partis de l'opposition et à leurs collègues principaux de l'autre côte de l'allée centrale, avec les autres députés en rangs serrés derrière eux pour leur prêter soutien.

La décoration à la chambre a changé plusieurs fois depuis cent ans. Pendant des dizaines d'années, le dessus des pupitres et les fauteuils étaient bleus, et les moquettes et rideaux étaient rouges. Durant l'été 1999, à l'occasion des rénovations visant à réduire le nombre de sièges à la chambre (le nombre des députés étant passé de cent trente à cent trois), la décision fut prise de refaire le décor de la chambre en « vert parlementaire », couleur dominante à la Chambre des communes britannique depuis le dix-septième siècle et une des couleurs dominantes du décor d'origine de la chambre ontarienne. Le vert est également présent dans le décor de la Chambre des communes canadienne et de cinq autres assemblées provinciales, ainsi que dans nombre d'assemblées d'autres pays du Commonwealth.

Detail image of a mural panel on the ceiling of the Legislative Chamber. Lorsque la chambre fut inaugurée en 1893, les visiteurs s'émerveillèrent devant le plafond peint multicolore avec ses motifs complexes de feuilles d'érable, ainsi que devant les fresques murales allégoriques produites par l'artiste Gustav Hahn, l'artiste canadien le plus important à la fin du siècle dernier, dans le style Art nouveau très prisé. Dans ces fresques murales, des femmes représentaient symboliquement les vertus d'une bonne administration : modération, sagesse, justice, etc. Cependant, en 1912 - geste qui paraît inexplicable de nos jours - le plafond peint disparut sous des couches de crin de cheval et de toile peinte, installées pour atténuer l'écho et améliorer l'acoustique de la chambre. À la même époque à peu près, les fresques de Hahn furent recouvertes de peinture et remplacées par une simple bordure au pochoir de dix pouces de large, dans des tons de gris et de beige, relevée de feuille d'or. Cette bordure ainsi qu'un motif au pochoir sur la toile du plafond furent également recouverts par la suite.

Le rétablissement du décor d'origine de la chambre est un projet de longue haleine, entrepris après qu'un plan d'ensemble de restauration de l'édifice de l'Assemblée législative fut adopté par un comité parlementaire composé de députés provenant de tous les partis, en 1991. Une petite partie d'une des fresques de Hahn fut découverte en 1994 par les conservateurs du patrimoine de l'Assemblée législative. Cependant, le processus d'enlèvement de la peinture est lent et minutieux, et ne peut se faire que lorsque l'Assemblée ne siège pas. Des progrès considérables ont été réalisés sur le plafond et sur deux des allégories de Hahn. La bordure au pochoir est visible pour le moment, mais elle doit également disparaître pour révéler l'œuvre de Hahn, qui a une plus grande valeur patrimoniale.

Toutes les arches et les reliefs en plâtre décoratif ont également été repeints dans les tons d'origine de 1893.

Par bonheur, le travail sur bois délicat du sculpteur écossais William McCormack et de son équipe a survécu aux années sans accroc. Un peu partout dans la chambre, McCormack et ses aides ont créé des tapisseries de personnages et d'animaux fantaisistes : chauves-souris, dragons, loups, singes, gargouilles, feuilles et fleurs, ainsi que visages difformes et caricatures. Il y a également plusieurs panneaux sculptés plus importants à la chambre, dont le plus spectaculaire est celui représentant les armoiries royales gigantesques, au-dessus du fauteuil du président, signé dans le coin inférieur droit par McCormack lui-même.

The Speaker's dais and chair L'estrade du président, en acajou massif de Saint-Domingue, fut installée pour la session inaugurale de 1893. Deux lions sculptés sur colonnes ornées montent la garde auprès de l'inscription de 1867, l'année de la confédération du Canada.

Les dessins originaux de l'estrade prévoyaient l'inscription des années 1792 (en hommage au premier Parlement du Haut-Canada) et 1892 (vraisemblablement afin d'indiquer la date d'achèvement des travaux sur le nouvel édifice parlementaire) de chaque côté de l'inscription de 1867. Pour des raisons inconnues, ces gravures n'ont jamais été réalisées.

Le fauteuil du président remonte à 1874. Il fut fabriqué pour le président Wells, au coût impressionnant de cent dollars. Avant la Seconde Guerre mondiale, la tradition voulait que le président emportât son fauteuil lorsqu'il prenait sa retraite. Cependant, avant les élections de 1943, le président Clark fit clairement comprendre qu'il ne pouvait accepter le fauteuil parce qu'il habitait un appartement à Windsor. On lui présenta un tableau représentant son portrait à la place. C'est devenu la coutume depuis. De nos jours, tous les présidents siègent dans le fauteuil de M. Wells, dont sa famille a fait don à l'Assemblée législative.
Devant le fauteuil du président se trouve la table de la chambre et, au bout de la table, la masse, symbole de l'autorité du président à la chambre. Lorsque le président exerce ses fonctions à la chambre, la masse doit être placée sur la table. Aucune affaire ne peut être traitée à moins que la masse ne soit présente.