Le Président de l'Assemblée législative de l'Ontario

Le sergent d'armes

On pense que le titre de sergent d'armes remonte à l'époque romaine, où les notables supérieurs de l'État choisissaient douze patriciens pour leur servir de gardes du corps; les notables inférieurs avaient droit à six gardes du corps. Ces hommes avaient des pouvoirs d'arrestation pratiquement illimités et ne requéraient aucun mandat d'une autorité légale. Ils ne rendaient des comptes qu'à leur maître, leur ascendant correspondant à son rang dans la société.

Le titre de sergent d'armes apparut lors des croisades, lorsque Philippe II de France forma un corps spécial pour le protéger en Terre sainte, en 1192. Ces huissiers portaient toujours leur armure lorsqu'ils sortaient en public, ainsi qu'une masse d'armes décorée, comme arme et comme symbole de leur fonction.
Il est presque certain que la notion d'« huissier » est arrivée en Angleterre, de France, avec les Normands.

Le bulletin des greffiers parlementaires du Commonwealth, The Table, mentionne qu'en Angleterre les gens employés par le souverain pour accomplir certaines tâches étaient connus sous le nom d'huissier. Il suggère que les sergents d'armes étaient à l'origine les gardes du corps du roi. Cependant, très rapidement leurs responsabilités militaires sont passées à d'autres, et il est vraisemblable qu'au début du treizième siècle, ils étaient devenus des gardes du corps civils ou policiers. Ils portaient encore des matraques ou des masses, mais certainement moins guerrières que les armes qu'ils portaient à l'origine.
Philip Marsden, ancien messager du vote de la Chambre des communes britannique, écrit que sous une de ses formes les plus anciennes, le sergent d'armes était un homme qui avait reçu d'importantes terres du roi. En retour, il devait accomplir certaines tâches se rapportant à la sécurité du souverain. La première référence à un sergent d'armes trouvée par M. Marsden remonte à 1278, lorsque Édouard 1er a recruté une escorte à cheval de vingt hommes, qui détenaient un pouvoir quasi-royal sur leurs concitoyens.

Introduction du sergent d'armes au parlement

Depuis ses origines dans les assemblées de l'Angleterre anglo-saxonne, l'idée de Parlement et ses pouvoirs ont évolué au fil des siècles. À l'aube du treizième siècle, les parlements devenaient plus représentatifs et se tenaient plus fréquemment. En 1341, à peu près, le Parlement fut divisé en deux entités séparées : la Chambre des lords et la Chambre des communes.

Il y a plusieurs théories sur l'introduction du sergent d'armes au Parlement et, plus tard, à la Chambre des communes. En voici quelques-unes.
Selon l'une d'entre elles, l'assignation d'un sergent d'armes pour servir le président des Communes, en 1415, était une manigance du roi pour étendre son pouvoir au Parlement. Cependant, M. Marsden affirme qu'au début du quinzième siècle, la Chambre des communes était encore véritablement une « chambre basse » dans tous les sens de l'expression, et ne détenait pas encore suffisamment de pouvoir pour justifier une telle action. Il reconnaît que le sergent d'armes a été introduit en 1415, mais à la demande des Communes plutôt, pour pouvoir assurer le privilège parlementaire. En vertu de l'emblème du roi sur sa masse, il avait le pouvoir d'exercer l'autorité royale sur les citoyens ordinaires, suivant les directives du président. Lorsque le Parlement ne siégeait pas, il retournait à ses tâches au domicile royal.

The Table propose que, puisque le Parlement siégeait où le roi habitait (au palais de Westminster), il était naturel que le roi envoie deux sergents d'armes pour servir les deux chambres. L'auteur de cet article suggère que les fonctions du premier sergent d'armes parlementaire étaient celles d'un portier, comme indiqué dans un pamphlet rédigé vers 1322.

I. T. P. Hughes, ancien sergent d'armes britannique, suggère que le sergent d'armes était nommé pour protéger le président. Les pressions exercées sur le président par son maître, les Communes, étaient souvent en conflit avec les pressions exercées sur le président par le roi, qui l'avait nommé. Cela donnait souvent lieu à de violents désaccords. En conséquence, Richard II nomma un sergent d'armes pour assister le président, vers 1391.

Le poste de sergent d'armes a de toute évidence été créé à une étape critique de l'évolution du Parlement. La Chambre des lords et la Chambre des communes étaient toutes deux en train d'essayer de consolider leurs pouvoirs, à une époque où leurs rôles, leur autorité et leurs privilèges étaient loin d'être clairs. Il n'est donc pas surprenant qu'il y ait des désaccords sur la date et la raison précise de l'introduction du sergent d'armes.

Le rôle du sergent d'armes au parlement

Les premières fonctions du sergent d'armes étaient de maintenir l'ordre, de faire respecter la loi et d'exécuter les mandats. Parce qu'il était au service du président, il participait à toutes les fonctions cérémonielles liées à ce poste. Il avait également la responsabilité de garder les entrées et de s'assurer que les Communes étaient tenues en état de propreté.

M. Marsden écrit que dès le départ, le sergent d'armes était l'huissier des Communes, le gardien des entrées et le responsable de la propreté. À mesure que le public a pris conscience des activités du Parlement et a commencé à assister aux séances, il a fallu quelqu'un pour maintenir l'ordre.